Les grandes oeuvres de la Congrégation au Québec

Depuis la naissance de la Congrégation en 1843, les Sœurs de la Providence ont fondé plus d’une centaine d’institutions et ouvert des maisons destinées à des besoins en éducation, en santé et en aide envers les plus démunis. Au Québec, elles ont légué de grandes institutions comme l’Institution des sourdes-muettes de Montréal, l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ou encore l’Hôpital Saint-Jean de Dieu, devenu l’Hôpital Louis-H.-Lafontaine.

Aujourd’hui, les œuvres de la Province Émilie-Gamelin se concentrent à Montréal, Joliette, Saint-Lin, Chandler, à Winooski (Vermont), au Cameroun, en Égypte et en Haïti.

L’Institution des sourdes-muettes de Montréal

Commencée à Longue-Pointe en 1851, l’œuvre auprès des sourdes-muettes s’est poursuivie en 1858 à l’Hospice Saint-Joseph. En 1864, l’Institution s’installe sur un terrain donné par Monsieur Côme-Séraphin Cherrier sur la rue Saint-Denis. Le but de l’Institution est de donner aux sourdes-muettes une solide éducation chrétienne ainsi qu’une formation pratique leur permettant de se rendre utiles et de gagner leur vie.

En 1911, l’Institution accueille ses premières élèves sourdes-muettes aveugles. Au cours des 100 premières années (1851-1951), l’Institution a formé 2 741 élèves. Grâce à des formations spécialisées dans le domaine de l’éducation des personnes atteintes de surdité, le personnel améliore constamment ses méthodes d’enseignement, notamment auprès des personnes sourdes de naissance.

L’Institution héberge également des personnes sourdes-muettes adultes qui désirent résider dans un milieu protégé. Elles y travaillent dans les différents services internes. Plusieurs choisissent d’embrasser la vie religieuse.

Dans les années 1960, le nouveau ministère de l’Éducation du Québec instaure une politique d’intégration des enfants handicapés. Les enfants atteints de surdité sont alors confiés à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM). L’Institut situé à l’angle des rues Saint-Denis et Cherrier à Montréal est vendu et le personnel religieux et laïque spécialisé rejoint en grande partie les nouveaux services gouvernementaux destinés aux personnes souffrant de divers handicaps.

 

L’Hôpital Saint-Jean de Dieu

Fondé en 1873, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu est issu d’une entente entre le gouvernement du Québec et la Congrégation des Sœurs de la Providence qui confie à la Congrégation le soin de vêtir, d’entretenir et de soigner les malades mentaux. Sœur Thérèse de Jésus (née Cléophée Têtu) est l’âme et la directrice de cette importante institution dans l’histoire de la santé au Québec.

Les Sœurs de la Providence ont déjà une longue expérience du travail auprès des malades mentaux. Mère Émilie Gamelin en a accueilli à l’Asile de la Providence dès 1845. En 1852, la ferme Saint-Isidore avait été aménagée pour recevoir 17 aliénés. En 1863, une annexe qu’on nomme Saint-Jean de Dieu est construite et ajoutée à un couvent des Sœurs situé dans l’Est de Montréal. La construction de l’Hôpital Saint-Jean de Dieu se fera sur le site de ce couvent à partir des années 1870.

En 1897, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu devient une municipalité civile autonome ainsi qu’une paroisse canonique du diocèse de Montréal. On y retrouve 183 religieuses, 141 laïques, trois médecins, deux aumôniers et 1579 patients. La direction de l’Hôpital se tient à jour en visitant d’autres établissements analogues en Europe. À cette époque, le pourcentage de guérison tourne autour de 40 % par an.

Plusieurs écoles vont voir le jour à Saint-Jean de Dieu : école d’infirmières spécialisées en psychiatrie, d’infirmières-auxiliaires, école normale médico-pédagogique, école Émilie-Tavernier (destinée aux patients), école de technologie médicale, cours pour les préposées aux malades.

En 1975, soit après un peu plus 100 ans d’existence, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu voit partir peu à peu les Sœurs de la Providence à la suite de la réorganisation de ses services. L’institution prend le nom de Hôpital Louis-H.-Lafontaine en 1976.

Pour en savoir plus
 www.hlhl.qc.ca

Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal

Le 1er juin 1898, jour de la fête du Sacré-Cœur, un groupe de femmes laïques inaugure dans le centre-ville de Montréal un petit hôpital pour y accueillir une douzaine de malades dits « incurables ». Quatre ans après sa fondation, la communauté des Sœurs de la Providence prend en charge l’établissement en 1902. Un plus vaste édifice comptant 375 lits est érigé sur le boulevard Décarie, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Il sera connu sous le nom de l’Hôpital des

Incurables. Dévasté par un grave incendie en 1923, l’édifice du boulevard Décarie est reconstruit sur un immense terrain du boulevard Gouin, à Cartierville, et retrouve son nom originel d’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.
Inauguré en 1926, le nouvel hôpital se consacre au développement de deux spécialités : le traitement des tuberculeux et l’orthopédie. Il est considéré comme un sanatorium jusqu’en 1954 et devient alors le plus important centre d’enseignement universitaire au Québec dans le domaine des maladies pulmonaires.

Avec l’apparition des antibiotiques et la diminution des patients tuberculeux, l’HSCM diversifie ses activités. En 1931, le Dr Édouard Samson met sur pied le département d’orthopédie. Sous sa direction, l’HSCM devient le centre par excellence d’enseignement en chirurgie orthopédique au Canada et forme, pendant plusieurs années, la plupart des orthopédistes québécois. En 1933, le docteur Norman Bethune crée un service de chirurgie pulmonaire et bronchoscopie et fonde le premier service de chirurgie thoracique francophone au pays.

En 1954, l’HSCM devient un hôpital général. En 1955, avec la bénédiction du cardinal Paul-Émile Léger, un premier département médical s’ouvre : l’obstétrique.

Les premiers signes de transformation majeure de l’établissement se manifestent dans les années 1970 avec l’ouverture du département de traumatologie, d’une salle d’urgence et d’un service de chirurgie plastique. Avec l’arrivée graduelle de spécialistes, d’autres services médicaux s’ajoutent, dont la néphrologie, la médecine nucléaire et l’unité des soins intensifs.

En 1973, l’HSCM est officiellement affilié à l’Université de Montréal pour l’enseignement de la médecine et des sciences de la santé. Il acquiert le statut de centre hospitalier ultraspécialisé de soins de courte durée. Durant cette même année, l’Institut Albert-Prévost se fusionne à l’HSCM pour devenir un pavillon consacré aux usagers requérant des soins psychiatriques.

En 1992, le ministère de la Santé et des Services sociaux désigne l’Hôpital comme centre tertiaire en traumatologie pour l’Île de Montréal et le Nord-Ouest du Québec. Depuis l’établissement de la corporation désignée, deux Sœurs de la Providence sont membres du conseil d’administration; plusieurs sœurs poursuivent un travail de pastorale auprès des patients.

Pour en savoir plus:
      www.hscm.ca

Hôpital du Sacré-Coeur-de-Montréal
Hôpital Sacré-Coeur-de-Montréal, Soeur Yolande Mongeon avec un appareil ultrason pour extraction de la cataracte